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7. Juillet 2011, 00:00 Music Festivals Interview

Mark Kelly - Interview

Sophia Bischoff - Au détour d’un stand de vente de tabliers, sur les quais du Montreux Jazz Festival, je suis tombée nez à nez avec Mark Kelly. On en a profité pour discuter un peu.

Mark Kelly - Interview
Mark Kelly. Ce nom s’est peu à peu propagé dans nos contrées suisses romandes. Ce nom intrigue souvent. Qu’est-ce qui a poussé cet artiste anglais à s’installer en Suisse ? Le musiciens nous répond avec sincérité et franc-parler.

Students.ch : Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Mark Kelly : Je suis Mark Kelly. Je fais de la musique parce que j’ai été entourée par elle toute ma vie. Mon père était un musicien. En fait, il jouait tout le temps de la musique. Il me lisait également beaucoup d’histoires et de poèmes quand j’étais petit. J’ai commencé à jouer et aujourd’hui c’est ma vie ! Écrire des morceaux pour moi et pour les gens. J’essaie de vivre par ma musique sans être pris par le business qui l’entoure.

Students.ch : Tu as grandis en Angleterre. Comment est-tu arrivé en Suisse ?
Mark Kelly : C’est de tout manière à cause d’une fille. Ce n’est pas pour le chocolat ou le fromage. J’étais bassiste dans un groupe anglais avec qui je suis venu ici pour la première fois lorsque j’avais 17 ans.

Students.ch : Puis, tu es tombé amoureux de la Suisse ?
Mark Kelly : Carrément ouais. La première fois que je suis venue c’était pendant le Montreux Jazz Festival. On avait fait du camping. C’était deux semaines de folie ! C’était vraiment cool.

Students.ch : Aujourd’hui, tu joues sur les quais du Montreux Jazz Festival. Quelle est la relation que ta musique a avec le jazz ? Est-ce qu’il y a des éléments de jazz dans ta musique ?
Mark Kelly : Oui pas mal…j’aime le jazz. J’adore le jazz vocal. Plus même que le jazz « normal ». J’ai dû arrêter l’école parce que j’ai trouvé un groupe qui cherchait un bassiste. Mais mon but était d’intégrer une université de jazz. Déjà à l’époque, j’aimais le jazz. Mais, après j’ai intégrer un groupe de pop qui faisait des reprises. Tu sais, quand les gens te demandent si tu veux aller en Thaïlande pendant 4 mois alors que tu as 17 ans, tu dis forcément oui ! J’ai donc continué à jouer avec ce groupe et je ne suis jamais retourné à l’école.
Le jazz est là quelque part. Mais le jazz vocal, pas le jazz technique. Parfois, je regrette un peu de ne pas l’avoir étudié plus…

Students.ch : Le jazz est donc plus en arrière plan dans ta musique ?
Mark Kelly : Le jazz ? Si tu écoutes mes morceaux, tu sentiras l’influence dans les accords, oui.


Students.ch : Aujourd’hui, tu joues dans la rue…
Mark Kelly : Comme un pauvre !

Students.ch : ….je t’ai aussi vu au Paléo il y a quelques années,
Mark Kelly : comme un riche !

Students.ch : Comment appréhendes-tu les deux types de lieu où tu as joué ? Est-ce que tu as une attitude différente sur scène ?
Mark Kelly : Non. Je déteste le business autour de la musique. Tout le monde peut jouer au Paléo, ce n’est pas une question de business. Pour y jouer, il faut travailler dur, avoir un groupe qui tient la route. Dans la rue également. Si tu ne joues pas bien, tu ne gagneras pas d’argent dans la rue. C’est un peu la même chose, au final.
Beaucoup de gens pensent que si tu joues dans la rue tu es pauvre, tu as de la peine. Mais voilà, parfois c’est plus sympa de jouer dans la rue que sur scène. Quand tu as un grand public en face de toi, tu ne sais pas à quoi ils pensent. Mon problème, c’est que je suis un peu paranoïaque – ne me demande pas pourquoi – et du coup, une grande scène est plus négative que moi qu’une petite scène. Quand tu as une grande scène, pleins de groupe font souvent la même chose ; « hé ho, hé ho ». C’est une manière générale de contrôler un peu les masses. Moi je ne veux pas faire quelque chose de bateau comme demander au public de mettre les bras à gauche, à droite etc.

Students.ch : Alors quelle est ton approche sur scène ? Que se soit sur une scène ou dans la rue…
Mark Kelly : Être moi-même. Être naturel. Si je suis de bonne humeur, je serais bien avec les gens. Si je suis de mauvaise humeur fais gaffe ! C’est aussi un problème. Si les gens viennent me voir pour la première fois, que je suis de bonne humeur, et qu’ils reviennent une deuxième fois et que je suis de mauvaise humeur, je peux très bien envoyer chier les gens. Une fois, une partie du public s’est levé pendant mon concert et est sorti de la salle. C’était à Bienne. J’étais content. Je me suis dis qu’au moins, je les ai touché.

Students.ch : Tu cherches alors à provoquer une réaction chez ton public ?
Mark Kelly : Ouais, de temps en temps, pas tout les jours.

Students.ch : Est-ce que c’est parce que tu as envie d’être vrai dans ce que tu fais ou parce que tu aimes provoquer ?
Mark Kelly : C’est parce que je ne peux pas être autrement…

Students.ch : Tu es fidèle à toi-même, peu importe ce qui arrive….
Mark Kelly : Une fois, une chanteuse a dit qu’il fallait trouver un personnage que tu voulais être dans sur scène. Quelque part, oui. Je suis plus confiant sur scène. Dans la vrai vie je suis timide comme tout ! C’est ca mon personnage. Quelqu’un de plus confiant. Ça marche, il faut juste trouver quelque chose pour y arriver. Il faut se demander pourquoi tu fais de la musique, pourquoi tu montes sur une scène. Il faut aussi partager. Il faut leur faire comprendre qu’ils (le public) ne sont pas seuls.


Students.ch : L’image que tu as en tant qu’artiste est très vrai…c’est quelque chose qui manque parfois dans ce milieu.
Mark Kelly : C’est parce que les gens veulent faire du business ! C’est ca le problème.

Students.ch : On oublie souvent que la musique est aussi un business.
Mark Kelly : Quand on est un musicien, tu ne l’oublies pas. J’ai eu un manager qui m’a dit que mes morceaux étaient bien mais qu’on avait besoin d’un tube. Il insistait là-dessus. Moi je lui ai dit « fuck off ». J’écris comme cela, je ne peux pas me forcer à composer une chanson comme ci ou comme ca. Et depuis, ca c’est terminé avec le manager.

Students.ch : Un mot de la fin pour nos lecteurs ? Pourquoi devraient-ils venir écouter ta musique ?
Mark Kelly : Pourquoi ? euh…il y a plusieurs raisons….apparemment, je suis un chanteur à femme. Alors les mecs, si vous voulez draguer, trouver une copine, il faut venir à un de mes concerts parce qu’il y a pleins de femme. Si tu es une femme et que tu veux draguer quelques mecs, j’espère qu’il y en aura pour toi ! Il faut surtout venir si tu as envie de partager ! J’aime l’interaction avec le public. Alors si tu veux gueuler, taper des mains viens ! Et j’espère que tu aimeras ! Mais, si tu viens à mon concert, il ne faut pas s’attendre à une fin ordinaire. Tu seras parfois surpris !

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