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29. Décembre 2011, 00:00 CD / Vinyl Music

The Roots - « Undun»

Sophia Bischoff - 2 décembre 2011, The Roots dévoilent « Undun », leur 13ème album. Pas de poésie démesurée, pas de prétention, un son définitivement marqué par leur touche pour un album concept qui se veut le pendant musical d’un film. The Roots prend ici le pari de l’inverse, une destinée contée de la mort à la vie

The Roots - « Undun»
Formé en 1987 à Philadelphie, The Roots fait parti des groupes ayant la figure de grand frère innovateur au sein de la famille Hip-Hop. Loin, voir même très loin, des rappeurs mainstream qui viennent et passent aussi vite qu’une pluie d’été, The Roots incarnent les maitres en matière de hip-hop instrumental. Avec « Undun », ils livrent l’album concept qui manquaient à leur discographie et nous prouvent encore une fois que Roots rime avec qualité.


« Undun » s’ouvre avec le sifflement angoissant d’un encéphalogramme à l’arrêt. Une vie s’est éteinte. Quelle vie ? Pourquoi ? Comment ? L’auditeur est accroché et se laisse prendre par les rimes de Black Thought qui nous prennent par la fin pour nous emmener au début de ce conte urbain : l’histoire de Redford Stephens, ce dealer qui s’est fait rattraper par la réalité de la rue. Une réalité que la voix de The Roots connaît puisque ces parents ont été victimes d'un meurtre à Philadelphie. Le storytelling ayant une place centrale, Black Thought simplifie ses rimes. L’essentiel est de saisir le destin de Stephens. The Roots se met donc un peu en retrait et incarnent les messagers pour laisser l’histoire prendre le devant.


Musicalement, c’est une monotonie berçant qui est en avant. On retrouve la « patte » du groupe. Un son hip-hop embellit de soul, de samples, de lignes mélodiques où le piano souligne l’émotion et la fatalité du destin de Stephens. Le fil de l’histoire est accompagné par la continuité des morceaux. Pas un ne détonne, aucun ne surplombe l’autre, l’enchainement est travaillé et maitrisé. L’album s’écoute dans la longueur, il se veut ainsi. Et ses 38 minutes de durée le permettent. « Undun » se termine sur des envolées instrumentales, à mi-chemin entre classique et improvisation free-jazz. On est d’abord dérouté par cette fin chaotique et qui ne sait pas très bien où elle va. Mais après tout, elle marque la naissance de Stephens. Et, venir au monde, c’est toujours pousser son premier cri sans savoir où seront les prochains.


« Undun » est bien plus qu’un nouvel opus d’un groupe qui rend fière le fan de hip-hop d’avoir saisi l’essence de cette culture. On y perçoit les capacités du genre qui a trop tendance à ce perdre de nos jours. « Undun » est la synthèse dessinée d’une réalité bien présente ; suivre un chemin qui mène à notre perte.

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