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25. Avril 2012, 00:00 CD / Vinyl Music

Norah Jones - « Little Broken Heart »

Sophia Bischoff - Dix ans de carrière et quatre albums. Voilà ce qu’il a fallut à Norah Jones pour survivre au phénomène qu’elle a créé en 2002. Le 27 avril, elle revient avec son cinquième album studio, « Little Broken Heart », produit par Danger Mouse. Retour sur une métamorphose.

Norah Jones - « Little Broken Heart »
Dans l’inconscient de l’auditeur lambda, Norah Jones reflète l’image d’une jeune pianiste au timbre délicat. Une chanteuse enfermée dans une boite marquée « jazz ». Une chanteuse à qui l’étiquette colle tellement qu’on a oublié d’aller voir plus loin. Elle n’est pas uniquement la fille de Ravi Shankar. Elle n’est pas uniquement la chanteuse ayant caressé les sommets des charts avec « Come Away With Me », son premier album. Elle n’est pas non plus uniquement ce personnage timide qui reste cachée derrière son piano. Norah Jones est avant tout une musicienne qui se renouvelle et qui sait suivre un vent qui l’emporte vers les meilleurs horizons. Elle est née aux yeux du public comme une artiste jazz et, au fil des albums, nous a prouvé qu’elle est bien plus que cela. On l’avait flairé avec « Not too late » et « The Fall », ses deux derniers albums. Elle le prouve avec « Little Broken Heart ».


Un frisson, une légère caresse. Une invitation qui vous réveille en douceur. Le premier titre de l’album, « Good Morning », vous appelle. Subtilité. L’évolution doit se faire avec tact. Une ambiance musicale s’empare alors de vous. C’est comme si Norah nous offrait le point final à sa métamorphose. On sent le prolongement de « The Fall ». On boucle la boucle. On arrive au début de l’histoire. « Say Goodbye » dévoile le nouvel univers. On sent le rock, les subtiles touches d’électro. On devine ce jazz qui l’a élevée, qui est devenu comme un parent dont on sent toujours l’influence, sans le voir clairement au travers d’une personnalité. Le titre éponyme dévoile une noirceur teinté d’un vieux blues au lourd rythme répétitif. On perçoit la douleur. Ce n’est pas un hasard. Tout au long de l’album, les paroles nous montre une Norah Jones au cœur blessé qui a perdu l’homme qui partageait sa vie depuis plusieurs années.


La surprise veut qu’on soit fasciné par les titres qui sortent de l’ordinaire du répertoire de Norah Jones. La lourde tension progressive de « Take it back » et ses couleurs rock passionnent. On se surprend à fermer les yeux et se laisser emporter par la musique. Le caractère timbré de la voix de Norah Jones s’impose sans en faire trop. On est presque à la moitié de l’album, mais l’apothéose est déjà apparue. Puis, un réel « ovni » apparaît. Une composition aux étranges touches d’électro interroge sans pourtant déranger. Les morceaux s’enchainent, les univers modulent autour d’une douceur capricieuse. Norah Jones l’emmène en ballade, dans un vieux bar, au bord d’une rivière. La beauté de « Travelin’ On » nous emporte à nouveau et nous dépose devant un « Out On The Road » et un « Happy Pills » aux effluves rock décorées de pincées de country. Les sombres « Miriam » et « All A Dream » cloturent l’album avec caractère.


Norah Jones se lâche et s’empare de couleurs musicales qu’on aurait jamais osé lui prêter il y a dix ans. En cinq album, l’américaine a réussit à sortir de l’univers strictement jazz dans lequel on l’avait enfermée. Loin de là l’idée de l’abandonner. Mrs Jones a transformé ce style lourd d’histoire pour l’emmener vers des contrées contemporaines. « Little Broken Heart », c’est, au final, cette palette aux racines jazz flânant avec douceur entre rock, blues, country, electro et country qui prouve le talent indéniable de Norah Jones. A se procurer absolument.

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