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8. Juillet 2012, 00:00 Concert Music Festivals Soirée

MJF's got the blues !

Sophia Bischoff - Samedi 7 juillet. L’ambiance a été très contrastée entre les deux salles principales du Montreux Jazz Festival. Alors que l’Auditorium Stravinski vibrait grâce à un voyage blues, le Miles Davis Hall a pris plus de temps à accrocher aux performances des différentes formations présentes.

MJF's got the blues !
Ce deuxième samedi du 46ème Montreux Jazz Festival a commencé sur de belles promesses. Le lac était d’un bleu azur relaxant. Le soleil brillait au zénith sans annoncer la moindre relâche. Comme d’habitude, le beau temps a attiré les foules et les quais ont été très rapidement pris d’assaut par les festivaliers.


L’Auditorium Stravinski a accueillit deux légendes de l’histoire du blues. En première partie de soirée, Van Morrison a prit possession de la scène à l’image d’un parrain qui prend possession de son territoire. Ses disciples l’attendaient par milliers dans un Auditorium plein à craquer. Le blues s’est alors étoffé de solos d’harmonicas et la voix de Van Morrison a apporté une belle émotion soulignée par de très légères touches de sonorités orientales.


Puis Quinn Sullivan, à peine âgé de 13 ans, s’est avancé sur scène. On avait entendu parlé de lui, de son prétendu talent, de sa prétendue virtuosité. Chers lecteurs, toutes les rumeurs sont réelles. Quinn Sullivan est un réel prodige. Son blues est digne des plus grands. Ses solos sont inspirés, bien construits et prenants. Sa voix, quant à elle, porte l’émotion d’un jeune pré-ado de 13 ans. Mais peu importe, son jeu de guitare accroche. Il remercie vivement Buddy Guy de l’avoir permis de l’accompagner sur scène. Encore quelques minutes de blues et la tête d’affiche de la soirée entre sur scène. Buddy Guy nous a sans aucuns doutes offert un blues à l’état pure à l’Auditorium Stravinski. Il conte ses histoires, ses discussions avec B.B King. Mais ni ses discours, ni son chant n’expriment avec autant de passion les fins fonds de son âme que ses solos de guitare. Son doigté raconte des blagues au pianiste. Les échanges musicaux sont évocateurs de belles émotions transmises par des improvisations précises et surprenantes.


Pendant que l’Auditorium Stravinski vibrait au son des blues les plus passionnées, le Miles Davis Hall a accueillit trois formations qui ont quelques fois eu de la peine à mettre l’ambiance. En première partie de soirée, le James Carter Organ, accompagné de son trio, a offert au public de magnifiques solos de saxophones. Subtiles, énergiques et complexes, ses improvisations ont su ravir l’audience. Les musiciens jouent avec leur instrument comme s’ils étaient leur meilleur pote. Le public apprécie, mais la salle à peine remplie a du mal à exprimer pleinement son opinion.


En deuxième partie de soirée, Spectrum Road a réellement eu des difficultés à convaincre. Une musique trop complexe, trop forte, oscillant entre sonorités jazz et rock a eu raison de la réaction du public. Peut-être était-ce un univers trop difficile à intégrer, même s’il était intéressant, pour le public du Miles Davis Hall.


En fin de soirée, Neneh Cherry & The Thing ont réussi à convaincre l’audience avec leur trip-hop/jazz acoustique. Malgré un son toujours trop fort, la voix murmurée de Neneh Cherry emporte une partie du public dans son univers. L’audience applaudie puis s’enfuie dans un silence religieux. La chanteuse apprécie cette réaction qui, selon elle, lui donne le sentiment d’être à la maison. Neneh lâche ensuite prise. Elle laisse sa voix voguer vers une émotion prenante. Elle crie ses notes d’une manière maitrisée pour exprimer sa passion. Après un début de soirée à l’ambiance mitigée, Neneh Cherry & The Thing ont mis un joli point final aux concerts de la nuit.

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