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4. Juillet 2012, 00:00 Concert Music Festivals Interview Soirée

Bastian Baker à l'interview !

Sophia Bischoff - Quelques jours après son passage au Montreux Jazz Festival, Bastian Baker a accepté de rencontrer Students.ch. Pleins d’humour et de gentillesse, il nous accorde une interview

Bastian Baker à l'interview !
Students.ch Vendredi 30 juin dernier, tu as ouvert le 46ème Montreux Jazz Festival. Après coup, quelles sont tes impressions ?
Bastian Baker Au début, c’était très spécial. Amy MacDonald est arrivée avec trois heures de retard. Du coup nous avons été très à la bourre. Ce n’était pas idéal pour tout mettre en place. Si tu veux, on a finit le soundcheck, les portes du Stravinski ont été ouvertes et une demi-heure après, on jouait. Ce n’était donc pas idéal. Mais bon voilà, quand tu arrives dans l’après-midi, que tu entres dans le hall, que tu vois cette salle, tu te dis « Wow, c’est la folie ». Le concert en lui-même était très bien, on a eu un super accueil du public. On a eu de bonnes critiques dans les journaux. On a aussi eu des critiques pointues donc c’était intéressant de voir ce que disaient les journalistes au Montreux Jazz. C’est dans l’histoire et personne ne peut te l’enlever. C’est vraiment gratifiant et c’est génial d’avoir pu le faire. Donc merci au Montreux Jazz Festival de m’avoir invité.

J’ai pu remarquer une belle énergie et, surtout, une dimension rock qui n’est pas présente sur l’album…
Ecoute, ça c’est parce qu’on grandit, qu’on évolue et qu’au fil du temps on découvre qu’on aime plus certaines choses que d’autres. Pour ce qui est du live, je pense que pour beaucoup d’artistes c’est comme cela. Mais, en l’occurrence, arriver, jouer l’album et repartir, je ne pense pas que ça intéresse beaucoup de monde. Même pour le public. Mais, c’est vrai qu’on traite le live d’une manière beaucoup plus rock. Aussi dans l’énergie qu’on dégage, dans l’attitude de chacun, c’est plus rock. Maintenant, nous on s’éclate sur scène. On espère que le public suit ! Pour l’instant, les critiques sont biens et on espère que cette dimension plus rock permettra d’agrandir la globalité du public.

Ceci veut-il dire que tu vas aller dans cette direction, musicalement parlant ?
Euh, oui et non. Disons que comme d’hab’, je ne me suis pas fixé de but ou de frontière musicale. Dans les chansons que j’ai déjà écrites pour le deuxième album, pour l’instant, il y a autant des chansons comme « Be Witched » ou « Kid of the Street » qui sont des chansons qui poussent bien, qui sont lourdes et qui sont très rock. Mais il y a aussi des chansons comme « Come Home » ou « Give me your Heart » qui sont des chansons qui sont, à la base, des balades guitares-voix. Donc, je n’ai pas perdu ce côté. Il y a toujours les deux phases, les deux côtés, comme moi !

As-tu déjà une date de sortie pour le nouvel album ?
Au plus tard fin 2013, donc deux ans après le premier. Je pense que c’est un délai respectable. Peut-être même avant la fin de l’été si tout à coup j’ai des orgasmes de créativités. (rires)

Tes trois morceaux favoris sont des morceaux de groupes comme REM, Queen et Led Zeppelin. Tu te produits dans un festival de jazz. Est-ce que tu écoutes du jazz ?
La question piège (rires) ! Honnêtement, dans mon quotidien, je n’écoute pas de jazz. Je suis peut-être pas encore assez vieux (rires). Non, je rigole. Je ne suis pas formellement contre. Pendant le live, sur « Love Machine », on a fait toute une partie jazzy où j’ai dit à mon pianiste « vas-y lâches-toi ! Fais nous du jazz on est à Montreux ». Je suis quand-même sensible au Montreux Jazz Festival. Je me souviens d’ailleurs qu’il y a quelques années, il y avait eu une polémique où on avait demandé pourquoi on appelait encore ce festival Montreux Jazz Festival alors qu’il n’y a plus beaucoup de jazz. Donc voilà, dans mon quotidien je n’écoute pas de jazz, mais je ne suis pas en guerre contre le jazz non plus !

Est-ce qu’on pourrait quand-même trouver des touches jazz dans ton prochain album ?!
Des touches, oui ! Pas des chansons. Si ça ne va pas dans la chanson, je ne mettrai pas de touches de jazz. Après, si c’est fantastique, je les mettrai.

Est-ce qu’au niveau vocale, tu pourrais t’inspirer du jazz ?
Tu veux dire du scat ?!

Oui.
Je pense que cela à une dimension live. C’est ce côté un peu impro. Ca me soulerait de faire un scat sur un album et ensuite dedevoir tout le temps refaire le même sur scène à cause de cela. Donc, à priori non. Par contre, déconner une fois sur scène à scater, donc laisser une part d’improvisation, oui !

Ta musique est décrite comme simple et efficace. Est-ce que tu penses que c’est la recette du succès ?
Je pense que c’est de la pop plus que de la musique simple et efficace. Je pense que faire de la pop c’est toucher à la facilité de l’oreille. Ceci parce que c’est agréable, c’est une chose que le public peut se mettre facilement en tête. C’est quelque chose que le public pourra reproduire. Dans une telle optique, je pense que ce n’est pas la recette du succès, mais d’une forme de succès d’une certaine branche de succès.

Tu as déjà un peu répondu à la prochaine question…est-ce que tu vois ta musique évoluer vers d’autres directions musicales ? Tu m’as déjà parler de rock…
Un peu de fat hip-hop aussi. J’adore ! J’ai d’ailleurs bossé avec Yvan Peacemaker sur son dernier album. J’ai vraiment aimé. En plus, ça ce fait pas mal. King Charles, par exemple, c’est un artiste pop/folk/country/ qui a une chanson avec une base hip-hop hallucinante au milieu de son album. Avoir des bases de drum ou hip-hop me plairait beaucoup !

On pourrait donc voir arriver une collaboration avec Stress ?
Ecoute, pourquoi pas ! On est bien pote et on bosse un petit peu ensemble donc pourquoi pas !

T’as toujours eu un intérêt pour la musique. Par contre, tu as opté pour sport-étude. Quel a été le déclic qui a fait que tu as voulu continuer dans la musique ?
Ce qui est contradictoire, c’est que c’est sport-étude qui a été le déclic ! Dans le sport-étude, j’étais avec les musiques-études. L’après-midi, je faisais donc de la zik avec les musiciens. C’est pendant cette période que j’ai composé la majorité de mes titres. C’est aussi pendant cette période que j’ai appris la plus part des choses que je sais au niveau musical. J’ai toujours voulu être musicien, mais je n’ai jamais envisagé que ça serait possible. C’était le rêve inaccessible. Bon, à 14 ans, j’ai quand-même dit à ma mère que je voulais être une rockstar. Elle m’a dit que j’étais pas assez fou ! Mais la musique a toujours été présente. A 10 ans, j’ai enregistré un CD de musique a cappella qui parlait de la forêt et de la montagne ! Mais, c’est vraiment le sport-étude et ma rencontre avec mon producteur qui ont tout changé.


Pour toi, tout a été très rapide. En l’espace d’une année tu as vécu la sortie de ton album, la victoire au Caprice, Montreux, Taratata, le Prix Walo, la victoire aux Swiss Music Awards. Tout ça n’a pas été trop vite pour toi ?
C’est une question qu’on me pause beaucoup. Honnêtement, non. J’ai fais que des choses qui étaient propres à moi. J’ai toujours fait les choses avec comme priorité la musique. Et, au final, j’ai eu du travail tous les jours. Ce qui est quand-même ce qu’on aimerait quand on fait de la musique. C’est un honneur, une chance formidable de pouvoir bosser tous les jours. J’en suis conscient. C’est un travail particulier ! Quand on me dit que je ne peux jouer que 45 minutes à la place d’une heure, j’ai envie de dire « ah s’te plait un quart d’heure en plus » ! C’est le seul job du monde où tu demandes à travailler plus ! Du coup, non. Mon équipe n’est pas une équipe qui s’extasie devant moi, donc on prend les décisions ensemble avec du recul. On ne me force pas à faire les choses. Je suis le capitaine du bateaux et quand ça va pas, je le dis ! Les échelons ont été gravis très vite. Mais, d’un côté si ça c’est passé, c’est que ça s’est passé. C’était une belle envolée lyrique !

De manière générale et à ton avis, tu penses qu’une accession aussi rapide est toujours bénéfique à une carrière ?
Non. Ça dépend du type de personnage. Si c’est quelqu’un qui a été repéré par une major qui met des putains de moyens sur lui et qui lui dit quoi faire. Et qu’ensuite il a un succès incroyable et qu’il pète les plombs, c’est néfaste. Je ne suis pas dans une major. On est trois dans mon bureau, on a tout construit nous et on a bossé ! On construit un truc qui doit perdurer. Le but n’est pas de vendre un nombre X d’albums et d’arrêter juste après. C’est vrai que dans cette optique, c’est encore plus fou de voir le retour et le soutient qu’on a eu. Je pense que c’est pas toujours positif, que tu peux facilement perdre la tête si tu n’es pas bien entouré et si tu te fais facilement influencé.

On a peu de star de la musique en Suisse et c’est très difficile de percer en Suisse. Comment expliques-tu cette difficulté, maintenant que tu es passé de l’extérieur du milieu à l’intérieur du milieu ? Surtout qu’il n’y a pas moins de talent qu’ailleurs !
Avant toute chose, je pense qu’on est sur une pente positive de la musique suisse. Je me souviens qu’il y a quelques années, à peine tu prononçais le terme « musique suisse » qu’on te répondait « c’est de la merde ». Aujourd’hui, il y a quand-même plus, et surtout en suisse-alémanique, une culture de l’artiste suisse. On a des artistes comme 77 Bombay Street et Bligg qui sont établis et qui génèrent plus que des artistes internationaux. Je discutais avec des radios qui me disaient qu’à l’époque on ne voulait pas faire d’interview d’artistes suisses parce qu’ils pouvaient avoir des artistes comme James Morrison, par exemple. Puis, ils se sont rendus compte que les gens s’en foutaient un peu plus des artistes internationaux que des groupes locaux. Je pense qu’il y a une prise de conscience de la part des médias. Je pense que je suis aussi tombé juste dans la bonne phase. Personnellement, je trouve la musique suisse vraiment bien. Les artistes suisses que je connais, c’est Pegasus, 77 Bombay Street, Lovebugs, Aliose (un grand coup de cœur), Trip In (mais pas tout le groupe). Mais, peut-être que parmi les groupes suisses-romands, il y a beaucoup de gens prétentieux. J’ai pu le constater. Ceci désert la musique romande. Oui, en Suisse on a un confort de vie incroyable, on a tous nos petites histoires où on est un peu au dessus etc. Mais, j’ai rencontré pas mal de groupe qui…des trucs tout cons…par exemple, mon manager leur demande un CD promo et le groupe demande pourquoi. Pourtant, le potentiel est là. Je pense que plus que les groupes suisses, c’est les gens qui s’occupent des groupes suisses qui manquent.

Est-ce que tu penses qu’il y a une raison qui fait que tu as réussi plus facilement, rapidement que certains groupes qui bossent sur leur carrière depuis des dizaines d’années et qui ne sont pas arrivés à ton niveau ?
Ecoute, je pense que c’est un feu d’artifice de pleins de choses. J’ai eu de la chance. Honnêtement, je fais de la zik. Je ne pensais pas qu’elle pouvait plaire autant. J’ai une gueule. Je ne pensais pas non plus qu’elle pouvait plaire autant. J’ai jamais été un type particulièrement beau à l’école. Mais, je pense qu’on a très bien géré le truc, qu’on s’est très bien construit. On a eu la chance d’avoir les bons partenaires au début, les bonnes personnes qui nous ont fait confiance. Après, les trucs hallucinants, comme aller à Taratata, il faut pas me demander pourquoi, c’est incompréhensible. Je ne suis pas du tout dans une optique où je me dis que ce qui m’arrive est normal et que je le mérite plus qu’un autre groupe. Je suis même gêné. Et on me le dit assez souvent qu’il y a d’autres groupes. Mais, à un moment donné ça m’est arrivé, c’est mon train de vie, mon métier. Des fois même je me demande si je n’ai pas envie de ne plus être connu. C’est très très très très dure. Vraiment. C’est un métier où tu dois tout le temps être concentré, tout réinterprêter. Mais, pour résumer, pour les raisons de l’ascension rapide : chance, composition et ne jamais refuser de jouer dans un endroit. Il faut aussi le bon moment, les bonnes personnes, le bon encadrement. C’est un milieu dans lequel il est très rapidement facile de te foutre en l’air. C’est donc important d’avoir les bonnes personnes qui te cadrent un peu au début.

Tu as vécu une ascension rapide, tu t’es rapidement imposé sur le paysage suisse. Quelque part, tu ouvres la porte aux autres artistes locaux ?!
J’aimerai bien ! Ce qui est cool aussi, en tant que romand, c’est d’être connu en Suisse alémanique ! Tu sais, j’étais en suisse-allemande, à Lucerne, il y avait la Luzernerfest. Je me disais que si je n’étais pas entrain de travailler, j’aurai loupé ça ! Je pense que c’est facile d’être programmé sur une scène gratuite à Lucerne si tu envoies ta démo ! Tu demandes peu voir pas de cachet et tu vas jouer ! Il faut aussi vouloir aller conquérir, en quelques sortes.
Sur le point d’ouvrir les portes…j’ai pris, en première partie, pour deux de mes dates (à St-Immier et aux Docks), Alejandro Reyes, un artiste lausannois. Il commence à avoir du support des radios, il a fait le Transat festival. Je crois aussi beaucoup en lui. C’est vrai que c’est cool de voir qu’il passe aussi par les mêmes étapes aussi parce que je l’ai un peu aidé. Plus tard dans la musique, si je peux, je monterai ma boite de prod et mon label. J’aimerai aussi aider les gens.

Tu travailles tes textes avec Nathan Evans. Est-ce qu’un jour tu aimerais, un jour, te détacher de toute collaboration et créer un album de A à Z, c’est-à-dire composition, écriture, arrangement, production… ?
Sur le premier album, j’ai presque créé de A à Z. On m’a aussi laissé la liberté artistique en studio. C’est la plus grande liberté qu’on puisse avoir aujourd’hui. Ma collaboration avec Nathan, qui est la personne la plus gentille de la terre, est surtout au niveau de la correction de la langue anglaise. Aujourd’hui, je n’ai pas envie d’arrêter de travailler avec lui parce qu’il continue à m’apprendre énormément. Après, j’ai déjà écris des textes où il a juste changé un mot. Mais c’est quelque chose que j’aime bien, c’est un processus sympa. Et puis, quand on bosse, on se fait une bouffe un soir et on corrige des textes. C’est le pote qui m’aide quoi !


Quelle est la sélection de concert du Montreux Jazz pour Bastian Baker ?
J’aurai été voir Ed Sheeran. Mais, c’est déjà passé. Alabama Shakes, il paraît que c’est terrible ! J’aurai aimé voir. Noel Gallagher aussi.

Lana Del Rey ? Elle joue le même soir que Noel Gallagher !
Il faut faire les deux ! Mais, il faut voir deux chansons de Lana Del Rey ! Et, il faut aller voir parce que de toute manière il faut aller la voir !

Erykah Badu ?
Non…j’aime pas trop.
Buddy Guy et Van Morrison ça risque d’être énorme ! Marlon Roudette ! Bob Dylan ! Hugh Laurie, parce qu’il faut aller voir ! En fait, il y a pleins de choses qu’il faut aller voir, parce qu’il faut aller voir !

Tu n’iras pas voir Pitbull parce qu’il faut aller voir ?
Non…je devrais ? (rires)
Anastacia ! Elle a un nombre de tellement impressionnant de hits que ça risque d’être génial !
Lausanne’s got DJ aussi !
La soirée Freak Out !
Et surtout, King Charles.
Emeli Sandé, avec plaisir !
Bon alors mon gros highlight c’est King Charles

Quel est ton conseil pour les étudiants qui voudraient percer dans la musique ?
J’ai envie de donner trois points : composer, jouer partout où vous pouvez jouer et être vraiment sûr que c’est ce que vous voulez faire.

C’est la fin de l’interview. Merci Bastian, c’était cool !
Pareil et avec plaisir !

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