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29. Juillet 2012, 18:41 CD / Vinyl Music

Soraya Berent - « Undividualism »

Sophia Bischoff - Soraya Berent, prodige du jazz vocal suisse, a sorti son premier album, « Undividualism », il y a quelques mois. Retour sur un voyage surprenant dans la vie d’un jazz qui côtoie ses pairs.

Soraya Berent - « Undividualism »
Il y a deux ans, Students.ch avait profité de l’occasion d’une balade au festival « L’AMR aux Cropettes » pour discuter avec Soraya Berent, musicienne de jazz que l’on avait vu se produire sur scène quelques heures plus tôt. Nous avions alors découvert un personnage modeste dévoilant délicatement sa passion pour la musique. Lorsqu’on a récemment reçu son premier album, « Undividualism », pas une seconde n’est passée sans qu’on ait envie de vous en parler. Mesdames et Messieurs, accrochez-vous, nous partons en voyage dans le Jazz de Soraya Berent.


Treize pistes. Voilà ce qu’il a fallut à Soraya Berent pour dévoiler son univers. « Inside out » nous ouvre la porte. Une ligne de contrebasse en répétition. Du spoken word. Une poésie. Une entrée parfaite dans les frontières d’un album qui s’annonce excellent. L’univers de « Undividualism » se dessine un peu plus à chaque morceau. On y perçoit des graines de folies plantées par un scat déluré (« Molecule »). Des mélodies en retenue et des murmures subtiles. « Humbf » se dévoile ; une escapade en douceur où le piano souligne une poésie tantôt chantée, tantôt parlée. Evaristo Pérez, son pianiste, soigne son improvisation. La retenue subtile d’une émotion qu’on ne voudrait pas démesurée. Des vocalises murmurées se transforment en scat susurré. La tension monte pour être ensuite relâchée en douceur, au bon moment. Des accents de blues se dessinent à un virage de l’album (« Nothing ») qui nous emporte vers « Ribeira ». Une plume apparaît devant nous, elle se laisse porter par un doux vent d’été qui devient de plus en plus fort. Du jazz, mais un jazz travaillé, où chaque accord s’emboite parfaitement. L’illusion d’une musique recherchée est réelle mais ne ferme pas les portes aux novices du style. Un délice, même dans les passages les plus abstraits.


« Intervalls » apporte une touche contrebasse/voix à l’album. Un travail vocal précis dessine une mélodie délicieusement surprenante. Le jazz s’ouvre à ses pairs et « Hello » nous emmène vers le quartiers aux ambiances nu-soul de « Undividualism ». On entend le spectre d’Erykah Badu et de Jill Scott se profiler au loin. Ses inspirations, nous avait-elle dit il y a deux ans. « Prison Boy » rappel cette voix en retenue cachée quelque part où le piano crée un léger nuage qui suit les paroles de Soraya dans ses moindres détours. « The Game », retour vers ces effluves de nu-soul. Toujours cette douceur qui porte le masque de notre guide. Cédric Gysler (contrebasse) et Tobie Langel (batterie) s’invitent gentiment à la visite de ce morceau. Encore cette tension qui apparaît au coin de la rue. Une tension musicale qui passionne, envoûte et nous introduit définitivement dans cet univers alors que Manuel Gesseney souligne le jazz vocal d’un solo de saxophone alto délicat. La musique s’emballe petit à petit. Le jazz se mêle aux arrières goûts de nu-soul avec intelligence. Il ne manque pas une épice. Le chant de Soraya est toujours aussi précis, travaillé et l’émotion qui s’en dégage intrigue. « Undividualism » marque ses avant-derniers accords dans une alchimie remarquable. « Il paraît » pose le point final. Un titre spoken-word venu du futur pour poser un regard intrigué sur le passé, sur notre présent.


Le voyage se termine. Avec « Undividualism » Soraya Berent marque dans le marbre son talent. Les stéréotypes du genre auraient affirmé que ce n’est qu’un autre album d’une autre excellente vocaliste de jazz accompagné du classique trio piano-contrebasse-batterie. Mais, bien plus que cela, cet album est une perle née de l’alliance de tous les musiciens de l’album. Chaque graine apportée par Evaristo Pérez, Cédric Gysler et Tobie Langel ont contribué à faire de l’« Undividualism » de Soraya Berent une escapade détonante qui se démarque de tout ce qui a déjà été fait. S’il fallait définir cet album en quelque mot, on vous dirait : liberté, douceur, intelligence dans le choix des accords et des ambiances, osmose entre les instruments, et cette voix que l’artiste n’a pas peur d’emporter vers du spoken-word qui nous rappel le hip-hop, vers un scat brut, vers des vocalises susurrées, murmurées, retenues ou affirmées. La construction du jazz de notre époque n’a jamais semblé aussi libre que sur ces treize titres. Que le jazz fasse partie de vos amours ou non, « Undividualism » est un album à se procurer de toute urgence.

Pour plus d'info et des extraits de l'album : Site officiel
Où se procurer l'album ? iTunes et Site Officiel. L'album est également disponible chez Sounds Records et Disco Clubs à Genève.

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