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23. Avril 2009, 00:00 Concert Music Festivals Interview

Students meets Nada Surf @ Caprices Festival

Nevena Puljic - "Sad, sad world" 14h, samedi 18 avril. Les Nada Surf arrivent au centre de presse après avoir changé le lieu de l'interview. Panique. Le bassiste (vous voyez celui aux longues dreads blondes ?) se sert tout d’abord une bière et allume une cigarette. Tous se présentent avec...

Students meets Nada Surf @ Caprices Festival

"Sad, sad world"

14h, samedi 18 avril. Les Nada Surf arrivent au centre de presse après avoir changé le lieu de l'interview. Panique. Le bassiste (vous voyez celui aux longues dreads blondes ?) se sert tout d’abord une bière et allume une cigarette. Tous se présentent avec une simplicité rare. Trois groupes de journalistes: un membre chacun. C’est Ira Elliot, le batteur, qui se dirige vers nous. Exactement celui que je voulais. L’ancien batteur des Fuzztones, il y a pire quand même. Un look de dandy anglais pour un batteur new-yorkais. Quelle classe. Plutôt qu'une bière, Ira se sert un petit café. Mais où est passé le surfeur en lui?

Les photos du concert de Nada Surf se trouvent ici !

Students.ch : Parle-nous un peu du dernier album "Lucky". Comment s’est passé l’enregistrement ?

Ira Elliot : C’était cool. On a travaillé environ un mois sur de nouvelles chansons. Ensuite, on est allés à Seattle pour enregistrer. Un magnifique studio, dans un manoir en pierre. C’était vraiment très facile. On y est resté un mois avec le producteur John Goodmanson. Pièce par pièce, on a rassemblé le puzzle. Il n’y a pas vraiment eu de stress. On a été très méticuleux.

Students.ch : Les fans ont pourtant dû attendre trois ans…

Ira Elliot : On prend notre temps. On n’écrit pas vraiment de chansons pendant qu’on voyage. Avant cela, on a tourné pour « Weight is a gift » durant un an, et un an de plus pour écrire les chansons et enregistrer. Difficile pour nous de travailler plus vite que cela. On est trop particuliers. Le premier album a été enregistré en trois semaines (rires). Mais c’était une grosse exception. Le matériel était déjà là, les chansons déjà écrites et jouées dans les clubs. Autrement, le processus est lent pour nous.

Students.ch : Que penses-tu de votre carrière? Y a-t-il eu une évolution musicale ?

Ira Elliot : Pour moi, c’est plutôt une continuation de la même chose. La plupart des chansons sont très personnelles. Elles parlent de nos vies et de celle de Matthew en particulier. C’est une sorte de journal. Ce qui change, c’est l’environnement : un nouveau producteur, d’autres locations, etc…Mais le processus reste le même. Il est vrai qu’en vieillissant, on essaye quelques trucs mais, en général, c’est assez similaire. En particulier les trois derniers albums. Il y a eu un grand bond en avant après le premier, « Let go », mais après cela, on a su où aller avec notre musique. On peut faire beaucoup à partir de très peu. Quelque chose se passe sur le moment, même si on n’est pas prêts à 100%. Une continuation donc.

Students.ch : Aimez-vous jouer pour les festivals ? Le public ne vient pas forcément pour vous…

Ira Elliot : Cela peut être parfois frustrant dans le sens technique car il faut tout préparer très vite. Mais en terme de public, il semble toujours très excité et réceptif à la musique. L’énergie est très bonne. On est venu hier soir pour voir quelques groupes et si c’est la même ambiance aujourd'hui, on en demande pas plus.

Students.ch : C'est vrai? Qui?

Ira Elliot : On a écouté un peu Sergent Garcia et le chanteur français…Le fils de Jacques Dutronc.

Students.ch : Thomas Dutronc ?

Ira Elliot : Voilà, oui. Il était très marrant. Et les salles sont assez intimes. On est confiants pour ce soir. On vient de finir le sound check et la scène est vraiment très bien.

Students.ch : Vous êtes venus deux fois à Lausanne en 2008, que pensez-vous du public suisse ?

Ira Elliot : Des années auparavant, aux débuts de Nada Surf, la France a été le premier pays sensible à notre musique. Je pense que la Suisse a été le deuxième. De plus, on a un très bon promoteur ici, on a donc pas mal tourné sur le territoire helvétique. Malgré la taille de la Suisse, il y a un nombre fou de festivals ici. Paléo, Montreux, etc. La scène musicale est vraiment incroyable. Le public suisse est toujours génial et je pense que c’est également dû au fait que Matthew et Daniel parlent français, ce qui facilite la communication. Cela nous a toujours aidés.

Students.ch : Nada Surf a été formé en 1992…

Ira Elliot : Oui, c’est fou. Ça fait un bon bout de temps. C’est devenu mon boulot, ma routine. C’est très étrange pour moi de me considérer comme le batteur professionnel d’un groupe de rock. La scène, c’est ma vie. On a vraiment de la chance. La réputation du groupe grandit chaque année et on est vraiment reconnaissants pour cela. Mais on est à la moitié du chemin. Il nous reste des horizons à explorer, de nouveaux albums à composer. C’est loin d’être fini.

Students.ch : Tu sais, j’ai vraiment grandi avec votre musique…

Ira Elliot : Il y a beaucoup de gens qui nous disent cela. C’est tellement flatteur de l’entendre. Il nous est difficile d’estimer le nombre de personnes connaissant le groupe. Tout ça a pris une ampleur à laquelle je n’arrive pas à croire. C’est génial.

Students.ch : Quelles sont vos inspirations ? Vous venez tous de New-York, de Brooklyn qui plus est, temple de l’avant-gardisme.

Ira Elliot : Oui, mais dans un sens, on reste isolés. On écoute de la musique, c’est sûr, mais on ne passe pas notre temps à regarder ce que les autres groupes font. On essaye de suivre notre voie et notre propre instinct, sans influences extérieures. C’est difficile à expliquer. J’étais en quelque sorte embarrassé à l’écoute de tous ces nouveaux artistes. Je me disais : « Mon Dieu, on est en train de vieillir et plus personne n’écoutera nos morceaux.» Pour rester dans le coup, à mon avis il faut rester honnête. Emotionnellement honnête. Et ne pas essayer de faire ce que d’autres artistes ont déjà fait. De plus, sur ce dernier album, on a eu pas mal d’amis, comme les Death Cab, qui ont ajouté leur touche personnelle. Choses auxquelles on n’aurait certainement pas pensé. Internet rend cela possible grâce à la facilité de communication. La façon d’enregistrer aujourd’hui est tellement différente. Des opportunités innombrables nous sont offertes. Mais trop d’opportunités, ce n’est pas bon non plus (rires).

Students.ch : Pour en revenir à internet , tu penses quoi de ce nouveau phénomène qu’est Myspace, par exemple, et toutes les informations véhiculées par cet outil ?

Ira Elliot : C’est bon et mauvais... Il y a aujourd’hui une vraie dissémination de la musique. On peut tout entendre et de nouveaux groupes ont la chance de trouver un public rapidement par ce moyen. Beaucoup de très bonne musique, mais de très mauvaise également. Le premier problème majeur est la perte du mystère. Dès que tu entends un groupe, tu peux tout trouver à leur sujet. Ce qu’ils portent, ce qu’ils aiment, ce qu’ils écoutent, etc. Où est le mystère là-dedans ? Il y a cet artiste Bill Fox. Essaie de trouver quelque chose à son sujet sur internet. Bonne chance, il n’y a rien. Tu trouveras quelques uns de ces morceaux mais c’est tout. Cherches des photos de lui, des interviews. Ça n’existe pas ! Que Dieu bénisse Bill Fox (rires).Toutefois, internet nous a vraiment aidés. Aujourd’hui, on n’est pas Metallica mais on n’est pas des amateurs non plus. On est confortable avec notre position dans le monde dans la musique. Et cela nous suffit. Mais de nouvelles expériences sont à venir et ça c’est très excitant. Finalement, mon dernier mot à ce sujet serait qu’il n’y a jamais trop de musique. Jamais. Le monde serait tellement triste sans musique. « A sad, sad world ».

Students.ch : Et après le concert ?

Ira Elliot : Demain, on va chez notre promoteur Marc, pas loin d’ici. Des promenades dans la forêt, du vin chaud…Des petites vacances suisses en somme. Pas de ski pour moi. Je ne suis pas quelqu’un de très sportif (rires). J’aurais trop peur de me casser quelque chose.

Après l’interview, on discute encore quelques minutes. Ira arbore avec fierté sa montre à l’effigie d’Obama. Qu’est-ce qu’il est sympa Ira. Une dernière photo avec le groupe et ils s'en vont avec la nonchalance qui les caractérise. Le soir même, le concert est un succès plein et les fans, comblés. Ce 18 avril, la groupie ce fut moi. Les Nada Surf? Toute mon adolescence.

Retrouvez les photos de tous les concerts du Caprices Festival sur usgang.ch

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