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23. Avril 2009, 00:00 Concert Music Festivals Interview

Students meets The Young Gods @ Caprices Festival

Nevena Puljic - « On est des enfants des années 70 » The Young Gods…Un groupe légendaire. Rarement un groupe suisse a su autant faire parler de lui à travers le monde. Et pour les bonnes raisons. Une musique éclectique, réinventée à chaque nouvel album. Un travail minutieux. Ce fut ...

Students meets The Young Gods @ Caprices Festival

« On est des enfants des années 70 »

The Young Gods…Un groupe légendaire. Rarement un groupe suisse a su autant faire parler de lui à travers le monde. Et pour les bonnes raisons. Une musique éclectique, réinventée à chaque nouvel album. Un travail minutieux. Ce fut un honneur de pouvoir leur poser ces quelques questions auxquelles ils ont d’ailleurs répondu avec une amabilité très touchante. The Young Gods, une vraie révélation !

Les photos du concert de The Young Gods

Students.ch : Première fois au Caprices festival ?

Franz Treichler : Tout à fait. On vient de finir le sound check. Bon son, bonne équipe. On s’attend à un très bon concert.

Students.ch : Vous tournez partout dans le monde, que pensez-vous du public suisse ?

Franz Treichler : Ecoute, ça fait une année qu’on n’a pas joué en électrique en Suisse. Donc, on est assez curieux de voir comment ça va se passer. De plus, on a un quatrième membre, ce qui est assez nouveau. Mais bon, le public du festival est aussi particulier. C’est éclectique, les gens viennent pour la soirée et gravitent d’une scène à l’autre. Je suis vraiment curieux. C’est difficile de répondre maintenant.

Students.ch : The Young Gods a plus de vingt ans…Fatigués ou repartis pour vingt ans ?

Franz Treichler : (Rires) Quand on aime, on a toujours vingt ans.

Bernard Trontin: Ca nous porte toujours. On a énormément de projets différents. The Young Gods, c’est toujours un challenge et ça stimule la créativité. On ne le ferait pas si on ne recevait rien en retour. Mais là, on reçoit énormément. Donc, il y a un équilibre. Ca se passe très bien.

Students.ch : Votre actualité est très fournie : BO pour « L’enfance d’Icare » (film d’Alexandre Iordacescu), le projet Woodstock, la préparation d’un nouvel album prévu pour 2010. Où trouvez-vous le temps pour tout cela ?

Franz Treichler : La bande pour Icare, c’est bouclé. On a fait ça au mois de février. Le projet sur le film de Woodstock, en fait, on l’a déjà fait en 2005. Il faut le retravailler un peu mais le gros du travail est là. Pour l’album…on va jouer moins en fait. Pour le préparer, c’est la seule solution. On est obligés, à un moment donné, d’arrêter et de se concentrer. On est pas vraiment du style à composer en tournée. Certains groupes y arrivent très bien mais nous, non. On aime bien s’isoler un moment et partir dans un trip.

Students.ch : Vous êtes une vraie référence dans le milieu rock. Mondialement et pas seulement en Suisse. David Bowie lui-même cite The Young Gods en référence. Vous inspirez beaucoup de jeunes artistes suisses qui rêveraient de percer comme vous avez réussi à le faire.

Franz Treichler : Là où je suis content de nous, sans vouloir nous passer la pommade, c’est que quand en a commencé en 1985, il y avait très peu de gens qui croyaient dans les groupes suisses. Au point où même des magasins refusaient de vendre des groupes suisses. Je pense qu’on a aidé à casser cette histoire de complexe helvétien. A l’époque, on avait vraiment l’impression qu’on n’y arriverait jamais. Et là, je pense que les choses ont changé. Si on a pu contribuer à ça, tant mieux. Ah, et David Bowie nous a influencé aussi (rires).

Students.ch : Justement, vos sources d’inspiration ? Des groupes avec un éclectisme pareil au vôtre se font rares…

Franz Treichler : On est tous des enfants des années 70. Le psychédélisme, les Stones, Iggy Pop, Dylan, les Beatles. Les grands classiques. Moi, j’ai également eu ma vague punk, j’avais 16, 17 ans à cette époque-là. J’ai beaucoup aimé cette énergie. Les punks sont arrivés en faisant trois accords, de l’énergie et ça marchait. Il n’en fallait pas beaucoup plus.

Bernard Trontin: Moi, je suis très fan de musique électronique. Même dans les années 70, c'est-à-dire bien avant de parler de techno, etc. On appelait ça le rock allemand, le rock planant. Les gens expérimentaient avec un instrument totalement nouveau : l’ordinateur. Les situations sur scène étaient démentielles car ils n’arrivaient pas à recréer ce qu’ils avaient fait en studio. Il fallait inventer les choses sur le moment. C’était extraordinaire, j’aime beaucoup cette période. Sinon, plein de gens. Pink Floyd, j’adore.

Franz Treichler : Moi aussi, beaucoup.

Bernard Trontin: Pink Floyd, ça ressemble à pas grand-chose quand on y pense. C’était un genre à lui tout seul. Pas du rock, pas de la pop. C’est Pink floyd. Je trouve ça assez étonnant et ça tient encore redoutablement la route. C’est ce qui m’a fait aimer les groupes aussi. Tu les prends tout seul et ça donne rien mais alors ensemble…

Students.ch : La musique actuelle ?

Franz Treichler : Oui, un peu, dans tous les genres. Je suis un peu old school. Je vais traîner dans les rares magasins de cd qui restent. Je suis ravi qu’il y ait Villalobos ce soir. J’aime beaucoup aussi. Je ne l’ai jamais vu mixer mais je crois que j’ai tous ces cd.

Students.ch : Venant de Genève, je me dois de vous poser une question. Un sujet me tient particulièrement à cœur et j’ai vu sur votre site que vous aussi. La fermeture du site Artamis. Quelques mots ?

Franz Treichler : T’as vu la vidéo ? C’est triste hein ? Genève était quand même une ville de tolérance sociale, de paix sociale pendant un bon moment. Tout ça a changé radicalement, depuis trois, quatre ans. Des fermetures. Pas seulement Artamis mais Rhino aussi, plein d’endroits alternatifs qui rendaient Genève attractive ont disparu. Ca créait une espèce de réseau, de possibilités de jouer pour des groupes qui commencent. Quand on coupe ça, on coupe la culture. Quand tu coupes les lieux de cultures, la culture n’a plus de lieu.

Bernard Trontin: Maintenant, il va falloir tout recommencer. Il y a des choses qui vont en renaître comme chaque fois mais là on est dans une phase de destruction. Pas mal de désillusion aussi.

Si vous avez raté The Young Gods au Caprices festival, ne vous inquiétez pas. Vous pourrez les retrouver le 22 juillet au Paléo festival. Méfiez-vous , le concert risque d’être sold-out très rapidement.

Retrouvez les photos de tout les concerts du Caprices Festival sur usgang.ch

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