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8. Août 2012, 00:00 Concert Festivals Interview

C2C - « Interview »

Sophia Bischoff - Quelques heures avant leur concert sous le Chapiteau au Paléo Festival de Nyon, C2C nous a accordé un entretient. Découverte.

C2C - « Interview »
Depuis le début de l’année, c’est un réel raz-de-marée que Atom, 20Syl, pFeL et Greem, les quatre DJs nantais de C2C, ont créé avec leur premier EP, « Down The Road ». De passage au Paléo Festival de Nyon, Students.ch a profité de l’occasion pour discuter avec Greem et pFeL de leur succès, de leur show et de leur premier album, « Tetra » qui sortira début septembre.

Students.ch : Si vous croisiez un inconnu dans la rue et qu’au bout de quelques minutes de discussion il vous demandait : « ah mais au fait, tu sais qui c’est C2C ? », qu’est-ce que vous lui répondriez ? »
pFeL : On dirait que c’est quatre DJ qui sont derrière leurs platines et qui font de la musique un peu inclassable.
Greem : Et qui utilisent leurs platines comme un instrument et qui en jouent comme un groupe traditionnel. La seule différence étant qu’on utilise des platines. Après, le mieux est de ne pas expliquer mais d’aller voir une vidéo. Les images et la musique parlent toujours mieux qu’une description à l’oral. On leur dit d’aller voir le show de 2005 vu qu’il est assez représentatif de ce qu’on fait. Il ne ressemble plus forcément à ce qu’on fait maintenant avec le nouveau live mais, en tout cas, au niveau musical, il parle tout de suite. En 6 minutes, il y a un bon résumé de ce qu’on peut faire.
pFeL : Ouais parce que quand tu parles de turntablism ou platinistes aux gens, ils n’arrivent pas trop à ce le représenter. Et même, dire aux gens que tu fais de la musique aux platines, ça leur paraît souvent abstrait. Il faut le voir pour l’assimiler un peu mieux.

Students.ch : Vous êtes quatre DJ dans le groupe, comment gérez-vous les plannings de répétition et de composition ?
Greem : On bosse souvent à Nantes chez 20Syl qui a monté son petit studio et qui a pas mal d’instruments. Tout ce qui est maquettage et prise de son – quand on a invité des musiciens ou d’autres artistes – se fait à Nantes. Il y a eu quelques trucs exceptionnels où on allait ailleurs et parfois, les gens enregistraient chez eux et nous envoyaient les pistes. Mais, en général tout se fait à Nantes. Que ce soit pour concevoir l’album ou répéter. Pour les répétitions, on a aussi eu une résidence au Chabada à Nantes.

Students.ch : On a pu voir qu’il y a une belle scène musicale à Nantes. Qu’est-ce qui se cache dans vos biberons là-bas ?
pFeL : Il y a une scène très très diverse qui a réussi à atteindre un certain niveau sur le plan national et parfois même international. Je dois t’avouer que je ne sais pas trop d’où ça vient. C’est une dynamique culturelle qui est en court depuis une dizaine d’année. Il y a toujours eu beaucoup de concert dans des salles comme l’Olympique qui ont des programmations assez pointues. Le public nantais est donc toujours à la recherche de quelque chose de spéciale et qui est assez cultivé là-dessus. Il y a eu des disquaires aussi. Je sais que pour nous c’était une bonne étape d’avoir des bacs de qualités. Il y a des magasins comme Black & Noir où on achetait nos premiers disques, ou encore Oneness Records. Il y a eu ce terreau favorable à la culture, à l’émancipation des DJs, des chanteurs ou des scratcheurs. Il y a beaucoup de musiciens. Même des magasins comme Michenaud – qui est un gros magasin de musique sur Nantes – qui ont contribué à cela et où tous les artistes se connaissent, se réunissent pour les apéros. Il y a une sorte de confrérie entre artistes à Nantes dans pleins de styles variés. Je pense aussi que le fait de voir que certains artistes nantais qui réussissent montre que c’est aussi possible pour nous. La proximité nous motive.

Students.ch : Après votre EP, « Down the Road », vous allez bientôt sortir votre premier album.
Greem : Oui, le 3 septembre 2012.

Students.ch : Vous pouvez nous en dire plus ?
pFeL : Ca sera un mardi ! (rires)
Greem : A 14h et il fera beau normalement !
pFeL : Plus sérieusement, c’est un nouvel album qui s’appellera Tetra. Le premier album ! C’est une longue maturation pour en arriver là. On le fini normalement la semaine prochaine. On est vraiment sur les derniers instants de production. Ca nous a quasiment pris deux ans. Voir un peu plus avec les premières maquettes de 2005-2006. Greem : On a vraiment commencé à le bosser en septembre 2010 et il sort en septembre 2012 donc au bout de deux ans. On y retrouvera surtout les maquettes de 2010 qu’on a retravaillé avec des scratch, du mix, des mastering, des invités etc. C’est un gros taff.

Students.ch : Du coup, les morceaux de « Down the Road » ont été initialement conçus pour l’album ?
Greem : Exactement. On a décidé de sortir l’EP et on s’est dit qu’on allait prendre des morceaux qui étaient plus dans la vibe C2C. On avait déjà presque tous les morceaux de l’album dont deux qui ont dû subir de grosses transformations juste avant l’été. Là, il y en a encore un qui est en chantier. Mais sinon, on avait presque tout les titres dans les machines en sortant le EP en janvier.

Students.ch : La décision de sortir l’EP avant l’album, était-ce pour sonder le public ?
pFeL : Il y avait un peu de ça. Il fallait essayer de raccrocher un peu le wagon, comme on dit. On sait qu’il y a un public qui nous suit depuis 2006 voir même avant. Il fallait contenter ces gens là avec des morceaux qu’ils pouvaient facilement rattacher à ce qu’ils connaissent de nous. En même temps, on voulait surprendre un nouveau public. Après, le choix d’étaler ça dans le temps est aussi un peu dû au mode de consommation de notre époque. Si on avait tout de suite sorti l’album, au bout d’un mois, le public serait passé à autre chose. Là, on a envie de faire vivre les morceaux, qu’ils vivent chacun une vraie vie. C’est pour cela qu’on s’est donné le temps de bien espacer les deux et de pouvoir faire des vidéos sur chaque morceau.
Greem : C’est vrai qu’on ne pensait pas tenir aussi longtemps. On s’est dit qu’on allait sortir le EP, l’exploiter quelques mois, que les sites ou les médias très pointus en parleraient et qu’on passerait ensuite à l’album. Puis, on a vu que l’EP prenait de plus en plus d’ampleur. On a réussit à être programmé sur de gros médias. C’est un peu le travail qu’on voulait faire sur l’album. Et voilà, on se retrouve encore dans le top des ventes iTunes sans réellement avoir fait de promo en janvier. Pourtant, on se faisait déjà booker sur de gros festivals d’été. Du coup, on s’est dit qu’on allait en profiter pour surfer sur ce succès et se permettre de prendre encore plus de temps pour l’album. Il y a une grande diversité sur l’EP et grâce au temps qu’on peut prendre, on va pouvoir encore plus l’amplifier sur l’album. On veut vraiment offrir un gros voyage culturel aux auditeurs.


Students.ch : Vous avez vraiment été surpris par le succès de l’EP ?
pFeL : On a été un peu spectateur de ce succès. On avait quand-même envie qu’il y ait un écho, une reconnaissance de l’EP. On avait envie que les gens se disent : « ouais ils sont encore là, ils ont bien travaillé. » On ne s’attendait pas du tout à un accueil comme celui-là dans les bacs et surtout en live. Il y a eu une confiance des programmateurs avant même que le EP soit sorti. On a été booké sur de super grosses scènes, au Paléo par exemple. Pour les Francofolies, ça c’est aussi fait il y a longtemps et ils nous ont mis un samedi soir sur une belle scène. C’est réellement des marques de confiance. Ca fait plaisir de voir qu’on ne les a pas déçus et que le public suit !

Students.ch : Est-ce que vous pouvez nous parler un peu plus des collaborations de l’album ?
Greem : On va tout lâcher (rires). Alors, il y a 50cent, Beyoncé, Jay-Z, Stevie Wonder
pFeL : Y a même Tupac !
Greem : Ouais y a Tupac en hologramme. Mais on l’entend pas en fait...On est con merde putain. (rires)
pFeL : Plus sérieusement, il y a des groupes qui nous entourent par mal, des nantais. Il y a une chanteuse qui s’appelle Eva. Il y a pas mal de musiciens qui sont venus nous aider.
Greem : Il y a notre petit Dadoo de Hocus Pocus qui est venu poser un petit chant sur un des morceaux. Il y a aussi Blitz The Ambassador. Il y a Pigeon John. On voulait vraiment se diversifier par rapport aux collaborations qu’on a pu faire dans nos formations respectives. On a aussi Jay Jay Johanson, par exemple, qui est un chanteur qu’on écoutait pas forcément. On a eu une proposition de collaboration, on a écouté et on s’est dit que le mélange d’univers pouvait être cool.

Students.ch : Par rapport à la construction de votre show, on a un aspect visuel et musical qui sont très bien accordés ensemble. Comment avez-vous fait pour monter tout cela ? Vous êtes des musiciens, des DJ à la base et pas forcément des graphistes.
Greem : On a quand-même le couteau suisse 20Syl dans l’équipe ! Il est graphiste, photographe, compositeur, écrivain, monteur, rappeur. Il nous a beaucoup aidé parce qu’il a fait les plans sur Illustrator qui ont permis à Remi Paoli, le motion designer, de développer cela. On aurait pu avoir ce résultat sans 20Syl mais cela aurait été beaucoup plus long puisqu’il dessinait les quatre cases de nos quatre écrans en mettant vraiment les maquettes. Puis, on se réunissait tout les quatre et on décidait de ce que devait faire les formes. On s’est déliré à monter ce concept : une forme chacun qui évolue au fur et à mesure du show. A chaque fois qu’on écoutait un morceau, on laissait aller notre imagination pour décider de l’évolution de la forme. On essayait de décrire et 20Syl interprétait en dessin ce qu’on voulait. Chacun d’entre nous, en écoutant de la musique, on a des effets, des couleurs ou des sentiments qui nous viennent en tête. C’est ce qu’on a essayé de traduire. C’était un travail d’aller-retour ; Remi nous envoyait les animations, on les testait en scratch pour voir si ça marchait. Ensuite, on a fait la résidence où on montait tout le live. On a commencé par répéter la musique et, au fur et à mesure, Remi balançait les visuels qu’on testait. Ça a donc été un gros travail. Remi fait un peu de scratch donc c’était mortel parce qu’il captait directement quand un visuel clochait et ce qu’on voulait vraiment comme effet.

Students.ch : 20Syl a récemment twitté « la musique électronique n’a aucun intérêt, sauf celui qu’on lui porte ». Quel est l’intérêt que vous lui donnez ?
Greem : On peut dire cela de chaque musique.
pFeL : L’intérêt que j’ai c’est la façon dont elle est conçue et comment elle sera diffusée, jouée ou interprétée par la suite. Elle est faite avec des outils que j’aime bien. J’aime bien la guitare et la batterie aussi mais je préfère m’amuser avec des synthé, des platines, une boite à rythme etc. Ca me parle plus. Ce qui me plait aussi, c’est le côté super fédérateur dans de grosses soirées super tard où on a une espèce d’ambiance de fratrie qui se crée.
Greem : Et l’énergie qu’elle dégage.
pFeL : Bon après il y a aussi de très mauvais aspect dans la musique électronique.
Greem : C’est tellement large aussi. Quand on nous parlait de hip-hop avec Hocus Pocus, on répondait « bah non, il y a pleins de style de hip-hop ». Pour moi, la musique électronique est encore plus variée que la musique électronique. C’est un mélange énorme.
pFeL : En plus aujourd’hui, ce n’est même pas le style musicale qui la qualifierait d’électronique mais plus la façon dont elle est faite. Tu peux faire un super morceau de funk avec un ordinateur de nos jours.

Students.ch : Est-ce que le succès de C2C vous donne envie d’abandonner vos groupes respectifs ?
Greem : Non. On sait que ça va durer plus longtemps que prévu parce qu’on pensait faire une petite pose de deux ans et on reviendra pour bosser d’autres albums. Le break va durer plus longtemps mais les autres groupes ne vont pas être abandonné. Ce sont des cycles. On va reprendre plaisir parce que là on aura trop bossé, on pourra plus se supporter avec les gars et on alternera. On a eu un break avec Hocus Pocus, ça fait du bien et ça va nous permettre de revenir un peu plus frais. Il faut aussi se faire attendre. On était partout à faire des centaines de concerts, pareil pour Beat Torrent. Il faut créer le manque !
pFeL : La politique de la dalle !

Students.ch : On arrive à la fin de l’interview ! Merci beaucoup les gars !
Greem : Merci à toi !
pFeL : Oui merci !
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