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26. Avril 2012, 00:00 CD / Vinyl Music

Robert Glasper Experiment – « Black Radio »

Sophia Bischoff - Le jazzman du futur, Robert Glasper, revient dans les bacs avec un nouvel album, « Black Radio », après 3 ans d’absence. Avec son « Robert Glasper Experiment » il voyage entre sonorités futuristes, jazz, soul, hip-hop et électro.

Robert Glasper Experiment – « Black Radio »
Robert Glasper fait parti de ses musiciens qui n’ont aucunes limites et qui se moquent des conventions de styles. Résolument soul ? Certainement pas. Résolument hip-hop ? Non plus. La facilité de son background « jazz » nous pousse alors à le considérer comme un classique acteur de ce mouvement. Mais, cela nous mènerait à réduire sa musique à ce qu’elle n’est pas. Robert Glasper a grandit dans l’aura d’une mère chanteuse de jazz et de blues. D’abord distant de la musique, il a prit la décision, alors qu’il avait 14 ans, de se lancer lui aussi dans l’aventure artistique. Il étudie le jazz au lycée et à l’université. Alors que tout le prédestinait à rester enfermé dans un club où seul les amateurs de jazz écouteraient sa musique, il s’est laissé emporté par les influences modernes que tout jeune passionné de musique a. La destination ? Un jazz moderne qui s’allie avec sa descendance.


Dès les premières notes de « Black Radio », le ton est donné. Des accords jazz, des effluves de hip-hop, des voix électronisées s’entremêlent dans un équilibre établissant une ambiance propice à la méditation. Un soundcheck pose les derniers réglages et Erykah Badu entre en scène. « Afro Blue » et le timbre si particulier de la reine de la nu-soul nous offrent un des plus beaux titres de l’album. Badu échange avec la flûte traversière qui s’entête à répéter sa phrase. Le piano entre en scène sans s’effondrer dans la masse du morceau. Il y apporte une touche résolument jazz qui donne à « Afro Blue » un côté décalé qui rend la composition musicalement captivante.


Sur plusieurs parcelles de cette palette, on sent une constante monotonie propice à l’évasion (« Cherish The Day », « Move Love », « Ah Yeah », « The Consequences of Jealousy »). L’ambiance répétitive nous porte en transe, dans un univers peu connu où jazz et hip-hop s’allie pour faire tomber toutes les barrières qu’on met à la musique. On lâche prise sur « Why Do We Try ». Le rythme se saccade, se bat avec la voix de type résolument « R&B » de Stockley, pour finalement se mettre d’accord à l’heure du refrain. Lors de son solo de piano, Robert Glasper démontre ses racines jazz avant de se laisser aller aux influences qu’il a réunit sur « Black Radio ». Le rock n’échappe pas à la transformation. Le Robert Glasper Experiment s’attaque à un monument de l’histoire du grunge, « Smells Like Teen Spirit ». La reprise est méconnaissable. Le résultat est une composition de sept minutes vingt-cinq. Elle est calme, douce et débute en introspection. L’intensité augmente crescendo pour arriver dans un éclat de rage contenue.


Avec « Black Radio », Robert Glasper pousse le jazz plus loin qu’on aurait pu imaginer. Il a su s’accompagner de quelques uns des acteurs les plus talentueux de la « black musique » (Erykah Badu, Yasiin Bey (qui n’est d’autre que Mos Def himself), Bilal, Lalah Hataway, Musiq Soulchild pour n’en citer que quelques uns) pour donner du mordant à une nouvelle ère musicale

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